Nina Bernagozzi
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OSTREON / OSTREA, Une traversée retour


La marchande de quatre saison II   -  La recueillement  / Octobre 2020



Installation « Biographie sentimentale d’une huître »,

proposée dans le cadre de l’exposition collective « le monde se détache de mon univers » initié par le collectif  Échelle  Réelle,

À la Galerie Michel Journiac / Paris.





Une installation mêlant peintures et recherches poétiques, qui lors du finissage de l’exposition s’est activée, pour prendre toute sa mesure,

avec la performance culinaire, Ostreon/Ostrea,  Une traversée retour : repas solitaires, accompagnées de l’édition  Consider the oyster.

Experience immersive, protéiforme.







J’ai commencé par mettre mon tablier, puis je suis entrée dans la pièce, sans porter mon regard vers quiconque, me suis dirigée vers le torchon posé avec lassitude sur la tablette, dans lequel avait été emballés, avant qu’il ne se déroule, les chapeaux d’automne proéminents des pivoines sauvages regorgeant de graines précieuses qu’il faudra plus tard parvenir à faire germer, de quelques baies d’aubépines coupées - elles aussi au jardin - issues d’un arbuste ancestral qui forme l’arche délimitant mon potager et dont les graines
- dangereuses pour les coeurs fragiles- possèdent les vertus de stimuler la circulation sanguine, lorsqu’elles sont consommées en tisane.
Dans ce linge de cuisine, j’avais aussi rangé quelques bijoux: une broche pâle, représentant une phalène dont je me saisis pour l’agrafer sur ma blouse noire dont elle ne pouvait que se détacher tant était excessive leur dissonance. J’embrochait l’épingle au dessus de ma poitrine,
près de mon épaule gauche, ensuite je logeait dans mes lobes des boucles d’oreilles anciennes, dont l’allure romantique de délicates roses à cinq pétales renfermait un coeur éclatant, couleur d’ambre.
Parée, je me dirigeais vers la table, ouvrage en chêne massif, façonné par les mains de mon père il y a une une quinzaine d’années.
De mon tablier, je sortis un couteau à huîtres et à l’aide d’un second torchon j’en ouvrit une.
Un service de trois heures s’amorçait.
Je tranchais l’arrière du frein de cette première huître, la vidais de son excédent d’eau que je recueillais dans une bol, y ajoutais un trait de citron et enfin je levais mes yeux vers la foule, pour m’avancer vers elle et m’y fondre, puis offrant la coquille au premier dégustant,
je l’invitais à prendre place à l’une des deux tables indivudelles, dressées.
Une fois installé, après avoir avalé cette mise en bouche, je servais les trois préparations au dégustant, l’invitant à initier dans le même temps que son repas, une partie de cartes, avec le jeu Consider the oyster, que j’ai conçu.
À la fin du repas, avant qu’ils ne quittent la table, j’offrais à chaque convive, une des noix de mon jardin, dont les brous avaient constitué le pigment macéré qui emplissait les nappes peintes de mon installation.
Les invitant à lire le récit, - Dans les plis des fractales - , en deux parties, qui relatait cette traversée retour.








Installation Biographie sentimentale d’une huître, ensemble incluant,

Aux creux, peintures sur soie, dimentions variables, encre de chine et broux artisanal

Consider the oyster, édition de 26 cartes recto-verso imprimé en risographie ( studio Fidèle), d’après des  aquarelles réalisées d’après nature et étui en gauffrage

Dans les plis des fractales, texte en deux parties, la première dévoilée au vernissage, la deuxième au finissage






 















 






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Une traversée retour, du grand large vers les bois




I
Huître nature

Servie fraiche avec un trait de citron



II

L’astringente


Huître fraiche, daïkon légèrement amer  crémé et moutardé, poire trop jeune, légèrement granuleuse et croquante, cinq baies, citron, écrasé de noix fraiches

et son bouillon d’eau d’huîtres infusée à la verveine.



III

La douce masculine


Huître pochée dans un lait aromatisé de vanille d’Ouganda, dite masculine,

note de cuir, épicée, et huile de vanille.

Avec son pain aux noix et une demi coque évidée de noix dans laquelle est servie une gorgée du même lait.



IV

Les sous-bois


Huître fraiche, marmelade de coings à la vanille de Tahiti,

Pommes et coings cuisson longue,

Mélasse de grenade, quelques grains,

noix caramélisés et feuilles de Shiso.






















  Lien vers le récit
qui tisse la trame dans laquelle s’entrelaçe la rêverie de l’installation et la traversée de la performance :

                                                                                                                                                                          Dans les plis des fractales  


























Installation  Biographie sentimentale d’une huître, vues interieurs ci-dessus, vues exterieurs ci-dessous;

les clichés ont étaient pris au lendemain de la performance culinaire Ostreon / Ostrea, Une traversée retour.



































































































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